
Quand on parle de littérature turque, c’est l’auteur Orhan Pamuk qui vient tout de suite en tête. Il s’est fait connaître en Turquie et dans le monde grâce à ses livres, dont Livre noir, succès international. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2006. C’est donc aussi un auteur incontournable.
Personnellement, je n’ai pas aimé tous ses livres, car son écriture est lourde et très descriptive. Mais j’ai néanmoins eu des coups de coeur.
Mon Nom est Rouge (Benim Adım Kırmızı) . C’est mon préféré! Sur un fonds d’histoire des miniaturistes (dont les Ottomans étaient spécialistes), Orhan Pamuk nous plonge dans un roman qui commence par un assassinat et une intrigue amoureuse particulière. Le meurtre se base sur un complot contre l’empire ottoman, car les miniaturistes sont chargés d’illustrer un livre à la manière italienne. Une vraie confrontation entre Orient et Occident. Mais ce qui m’a plu dans ce livre, c’est vrai son écriture. A chaque chapitre, c’est un personnage qui parle et qui décrit les événements. Jusqu’au bout du livre, on est tenu en haleine. Juste magnifique! Prix du Meilleur livre étranger 2002
Le château blanc (Beyaz Kale).Etrange livre qui raconte l’histoire d’un Italien féru de mathématiques et d’astronomie qui est capturé par des marins turcs et devient l’esclave d’un savant qui travaille pour le sultan à Istanbul. Or le maître et l’esclave se ressemblent étrangement. Ils doivent travailler ensemble pour créer des feux d’artifices exceptionnelle, puis une horloge, puis une machine de guerre pour le sultan Mehmet IV. Le maître ira jusqu’à usurper l’identité de l’Italien pour sauver sa vie. Mais ce dernier a aussi une stratégie pour retrouver sa liberté… C’est un roman que j’ai trouvé un peu soporifique, avec peu de fond historique. Si vous faites l’impasse dessus, ce n’est pas très grave. Juste pour votre culture personnelle, les horloges mécaniques étaient très prisées dans l’Empire ottoman, mais chose étrange, elles étaient toutes importées d’Occident et personne n’avait ouvert d’atelier jusqu’au XVIIIème siècle.
Neige (Kar). C’est l’histoire d’un poète truc qui quitte l’Allemagne pour arriver à Kars, en Anatolie. Pour le compte d’un journal à Istanbul, il part enquêter sur de mystérieux suicides de femmes voilées. Arrivé sur place, il retrouve son ancien amour et la montagne qui se couvre de neige (Kars est l’une des villes les plus enneigées de Tuquie en hiver). Mais c’est aussi le moment des élections et un putsch militaire tourne au carnage. Sujets politiques contemporains, fanatisme religieux et identité turque se mêlent dans ce livre. A lire!
Istanbul. C’est le livre qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 2006. Orhan Pamuk est né dans les années 50 à Istanbul. Il y a vécu une grande majeure partie de sa vie. Ce livre est un hymne à Istanbul, un livre nostalgique d’une époque révolue aussi. Il dépeint un portrait mélancolique d’Istanbul, ses rues, son Bosphore, ses changements politiques, les questions identitaires et religieuses, tout cela sur un fond personnel, celui de sa famille. C’est un livre lent, avec beaucoup de descriptions. Peut-être à lire après un premier voyage à Istanbul pour se remémorer certains lieux.
Le musée de l’Innocence (Masumiyet müzesi). Ce livre est devenu un vrai musée à Istanbul. Il raconte l’histoire de l’amour contrarié de Kemal, fils de bourgeois, pour Füsun, une de ses cousines à la condition pauvre. Il rompt ses fiançailles avec Sibel, pour retrouver Füsun, marié à un ancien camarade. Dans ce livre se joue la lutte des classes, assez présente en Turquie dans les années 60, 70 et 80. Il s’agit d’une histoire vraie, puisque le héros, Kemal, était passé voir Orhan Pamuk pour lui raconter son récit de son amour inassouvi pour sa cousine.
J’ai aimé « Neige », il me reste plus en tête que je ne le pensais mais je n’arrive pas à me motiver à en lire un deuxième… pourtant « Cette chose étrange en moi » est dans ma wishlist depuis quelques temps ! Mais, comme tu l’as dis, son écriture est assez particulière
J’aimeJ’aime
C’est en effet un très beau livre! Pour moi, c’était Mon nom est Rouge.
J’ai lu « Cette chose étrange en moi ». C’est un livre très descriptif, une historie vraie, narrée dans des détails très précis. C’est aussi un vrai témoignage d’une Turquie un peu révolue. Pour tout te dire, je ne l’ai pas fini. Mais je pense qu’il vaut le coup.
J’en parlerai sûrement dans un prochain article 🙂
J’aimeJ’aime
Bon, je vais essayer de le lire encore cette année alors (je prévois large pour être sûre)
J’aimeJ’aime