Introduction

L’Empoisonneuse d’Istanbul, le livre du plus turc des Grecs

Je t’aime, moi non plus. Les Grecs et les Turcs ont une longue histoire de relations pacifiques, historiques mais aussi de guerre et de tensions. Tout se dispute entre Grecs et Turcs: la gastronomie, le territoire, les légendes, les noms et même la langue.

L’Empoisonneuse d’Istanbul de Petros Markaris est un roman très intéressant au titre de ces relations. C’est l’histoire d’un couple de Grecs en vacances à Istanbul. Pardon… à Constantinople. Souvenirs d’un empire déchu, d’une ville perdue mais toujours dans les cœurs de la grande communauté orthodoxe… Pourtant en vacances, l’inspecteur Charitos se retrouve à enquêter sur une Grecque, ancienne habitante d’Istanbul, pardon… de Constantinople, revenue sur les terres de son enfance pour y mourir. Mais avant de rendre l’âme, la vieille fait valser certains en les empoisonnant.

En lisant ce roman, vous traverserez Istanbul,pardon …Constantinople de long en large. Seulement, ce sont les anciens noms grecs des lieux et des plats que vous lirez. J’en ai beaucoup appris en lisant ce livre: j’ai découvert de nouveaux lieux que je n’ai jamais encore visité, j’ai appris certains points communs de la gastronomie turque et grecque, j’ai eu envie d’en savoir plus sur cette relation si étroite entre le monde orthodoxe et le monde musulman, entre les héritiers de Constantinople et ceux de l’empire ottoman.

J’ai trouvé ce livre attachant parce que les personnages reflètent, je pense, les vraies aigreurs, les sentiments nostalgiques des Grecs mais aussi s leur ignorance d’une autre culture, si proche de la leur. J’avoue aussi qu’il faut aussi s’habituer au sarcasme de l’auteur.

Il est question de minorités, d’histoire, un peu de religion, beaucoup des lieux, et encore davantage des coutumes ancestrales qui traversent le temps et qui passent d’un proprietaire à l’autre sans se soucier de la politique ou de l’histoire. C’est aussi ça qu’on aime à Istanbul.

En finissant le livre, j’ai eu un petit sourire. Avec une affection partagée autant pour les Grecs que pour les Turcs.

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