Karaköy, Les gourmandises de Soliman

Galati Simitçisi

Le simit reste pour moi un symbole incontournable de la ville d’Istanbul. Certains l’appellent le bagel turc. Pour moi, cette « couronne » représente le petit déjeuner, le goûter, ce que l’on cherche à manger à Istanbul quand on a une petite faim. Et même si vous n’avez pas faim, vous en prenez malgré vous. Tous les matins, les vendeurs de simit s’égosillent pour nous vendre ce pain cerclé tout chaud, et recouvert de grains de sésame, dans leurs petites carioles rouge et blanche. Au fromage le matin, au Nutella pour le goûter ou tout simplement nature et chaud, le simit n’est pas seulement une sorte de bagel. Il a une longue histoire dans la culture culinaire turque. Connu depuis le 16ème siècle à Istanbul, le simit est devenu incontournable en Turquie, avec des variantes selon les régions. Le simitçi, c’est celui qui fait les simits mais aussi le vendeur. On dit qu’il y aurait 2,5 millions de simits vendus chaque jour à Istanbul et 5 millions dans toute la Turquie.

Le meilleur fournil d’Istanbul (ce n’est pas moi qui le dit mais les Stambouliotes eux-mêmes) se trouve dans le quartier de Karaköy, tout près du Pont de Galata. C’est un ancien fournil familial qui fait le bonheur du quartier et de beaucoup de connaisseurs à Istanbul. Tenu par les frères Mehmet et Zaki Özdemir, c’est le fils Emir , avec le soutien de deux maîtres en la matière, le fournil a fait sa place dans la ville. Rien qu’à sentir l’odeur du pain dans le four, on ne peut résister à entrer dans la très modeste boulangerie. Cela fait plus de 30 ans que le four de Galata Simitçisi tourne à plein régime toute la journée et je peux vous dire que rien ne reste à la fin de la journée. Dans la rue, les cafés et les restaurants (de plus en plus nombreux) se fournissent autant que les habitants. Les clients du Mum’s Café, juste en face du fournil, y font souvent un petit tour en finissant leur café. Histoire de continuer le petit déjeuner avec les fameux simits ou autres pains friands. Le petit goût sucré provient du pekmez dans lequel est trempé le simit avant de le couvrir de sésame.

Comme dans toutes les boulangeries du monde, le travail de la pâte commence très tôt. Il faut faire de longs boudins qui seront coupés, fermés pour formés un cercle, couverts de de graines de sésame et ensuite mis au four. Le four de Galata Simitçisi est impressionnant. En entrant dans le fournil, vous pourrez voir le travail de simitci devant vos yeux. Avec une longue planche, il introduit dans le four une dizaine de simits. Travail à la chaîne oblige, car tout est de manufacture traditionnelle, on sent bien le sérieux de la maison. Mais vous relèverez surtout la gentillesse et la convivialité de cette famille qui tient la boutique modestement. Et les touristes et amoureux français d’Istanbul sont les bienvenu.es ( j’en ai parlé avec Emir, le fils qui s’occupe des clients)!. Alors, allez faire un tour chez Galata Simitçisi.

Galata Simitçisi
Mumhane Cd. 47/A, Beyoğlu, Karaköy
Descendez à la station de tramway Karaköy ou Topante, la boutique se trouve entre les deux stations. La rue est agréable à traverser, avec ses boutiques et ses cafés.

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