Culture et design, La bibliothèque stambouliote

Elif Shafak, l’amoureuse d’Istanbul

*The Times

Elif Shafak ou Şafak, est l’auteure turque la plus lue dans le monde. A l’instar d’Orhan Pamuk, elle est très lue en Turquie. Mais aussi très controversée. Elle est née à Strasbourg, de parents turcs, mais elle est élevée par sa mère et sa grand-mère. Après des études de relations internationales, elle étude les questions de genre. Elle écrit en turc et anglais. Résidant à Londres, elle s’est fait un nom avec des livres devenus très vite des best-sellers. Elle a enseigné aux Etats-Unis et en Angleterre. Elif, on l’aime ou on ne l’aime pas. Très critiquée en Turquie pour ses positions et sa description de la société turque moderne, elle est aussi une femme qui a défrayé la chronique par ses annonces sur sa sexualité. Mais d’autres ne l’apprécient pas pour son côté marketing. Elle est elle-même un personnage. Et pour cause, je l’ai déjà rencontrée et elle dégage ce jeu.

Peu importe, je trouve que c’est une auteure incontournable de la littérature turque. Elle a une passion très affirmée pour Istanbul, qui reste le lieu de la plupart de ses romans. Je n’ai pas lu tous ses livres encore, mais ceux que j’ai lus m’ont permis de mieux comprendre les contradictions d’Istanbul, celle de la société.

La bâtarde d’Istanbul. C’est le premier livre que j’ai lu d’Elif Shafak. Un livre que j’ai dévoré, dont j’ai aimé les personnages, ces femmes qui chacune, avec sa personnalité, représentent une part de la société stambouliote. C’est aussi l’histoire de deux familles, l’une turque et l’autre arménienne, avec tous les débats tendus sur la question arménienne en Turquie. Je le conseille comme premier livre d’elit Shafa pour bien comprendre la psychologie de cette auteure. Et puis la fin du livre est juste un choc!

Soufi, mon amour. Elif a étudié la soufisme. Dans ce livre, il y a un aller-retour entre deux époques: la nôtre, avec une rencontre épistolaire entre une juive américaine et un soufi, et l’époque de Rumi et de Shams de Tabriz. Un livre qui vous plonge dans une époque spécifique de l’histoire, mais aussi d’une identité soufie caractéristique de la Turquie profonde.

Lait noir. C’est un livre dans lequel Elif Shafak livre une partie de son intimité, celle de sa souffrance après la naissance de son enfance. Un mélange de témoignage personnel et de fiction.

Crime d’honneur.  Toujours ces personnages très attachants, notamment des femmes qui vivent dans un milieu dur, des hommes immigrés qui pensent retrouver un paradis. Tout ceci à travers les yeux et l’histoire d’Esma, jeune fille kurde, qui cherche à reconstituer l’histoire de sa famille.

L’architecte du sultan. C’est mon livre préféré. Le titre originel en anglais est The Architect’s Apprentice. J’ai préféré le lire en anglais. Cette histoire romancée, imaginaire tourne autour de l’amour d’un apprenti pour la fille du sultan Soliman, du nom de Mihrimah. On raconte que l’architecte du sultan, Mimar Sinan, était épris de la jeune fille. Au point de lui avoir édifié deux mosquées qui portent son nom, l’une à Üsküdar (rive asiatique) et l’une à Fatih (rive européenne). Dans L’architecte du sultan, il y a des faits historiques déformés, mais il y a un vrai récit qui vous plonge dans l’histoire ottomane. Un vrai délice.

Trois filles d’Eve. Dernier livre de l’auteure, c’est un roman contemporain, philosophique et plein de questionnements. L’histoire de trois jeunes femmes, chacune avec ses communs et ses particularités. Une histoire actuelle d’Istanbul

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